Son surnom, Bimba (mot familier désignant le pénis d'un enfant), lui viendrait d'un pari tenu entre sa mère, Dona Martinha do Bomfim, de sang amérindien, persuadée d'attendre une fille, et la sage femme pour qui l'enfant à venir devait être un garçon. Ayant accouché l'enfant, celle-ci se serait exclamé : "J'ai gagné mon pari, ce coquin a tout ce qu'il faut !". Son père, Luis Cândido Machado, ancien esclave, était un maître de Batuque réputé.
En 1928, Mestre Bimba crée la capoeira régionale qu'il qualifie lui-même de véritable lutte très complète, un mélange de batuque et de Capoeira Angola additionné de quelques coups. Pour Muniz Sodré, auteur brésilien et ancien disciple du Maître, Bimba ne changeait pas vraiment l'esprit de la capoeira de l'époque mais s'inscrivait au contraire dans la tradition du cercle des vieux maîtres bahianais en redynamisant un aspect de la capoeira qui semblait disparaître dans la région de Bahia, c'est-à-dire un style de combat plus objectif tel que le pratiquaient d'autres maîtres angoleiros comme Waldemar da Paixão, Onça Preta et bien d'autres.
Le 12 juin 1996, l'Université Fédérale de Bahia décernait le titre honorifique de Docteur honoris causa à Manoel dos Reis Machado, Noir illétré, mort vingt-deux ans auparavant. En cela elle reconnaissait la capoeira en tant qu'exercice symbolique de sagesse corporelle ancestrale et célébrait Maître Bimba comme acteur et promoteur de la culture afro-brésienne.

